Affichage des articles dont le libellé est roman initiatique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est roman initiatique. Afficher tous les articles

mardi 25 août 2015

Babyji, d'Abha Dawesar

Éditeur : 10/18 (2008)
Première publication : 2007
Titre original (anglais) : Babyji 
Traduit de l'anglais (Inde) par Isabelle Reinharez
Nombre de pages : 473
Genre : roman


Quatrième de couverture

Dans une Inde encore déchirée par la violence des castes et les sanglantes manifestations contre le gouvernement, Babyji, une petite Lolita indienne de Delhi, conjugue la passion du savoir et le plaisir des sens. Entourée de trois femmes que tout oppose, elle cherche sa voie, tiraillée entre un avenir incertain et un passé étouffant. Au travers du jeu des possibles, Abha Dawesar offre, avec ce roman initiatique délicieusement subversif, un voyage sensible au coeur de l'Inde moderne.

« Sur un sujet éculé, Dawesar opte pour une voie de traverse, faisant de son héroïne une Lolita à l'envers. Avec sa charmante crudité qui en ferait une sorte de Houellebecq des jeunes filles en fleurs. »

Françoise-Marie Santucci, Libération


Mon avis

Babyji est une belle traversée de l'Inde moderne, vue par une adolescente peu ordinaire. Anamika, 16 ans, est une lycéeene indienne très douée, issue d'une caste élevée, qui ne rêve que d'une chose : accéder au monde adulte. Ce roman raconte ses premières amours, multiples, peu conventionnelles et secrètes ; ses rêves, sa vie de lycéenne et celle de sa famille à Delhi. Mais ce n'est pas seulement un livre sur les relations amoureuses homosexuelles d'une adolescente, c'est aussi une (petite) réflexion sur la société de l'Inde moderne, le système des castes, la jeunesse actuelle dans un pays transformé mais encore très conservateur, la condition de la femme en Inde, la famille, le système scolaire et universitaire du pays. L'écriture est simple mais pas désagréable : c'est un roman qui se lit assez vite et est à la portée de tous, y compris les « grands » adolescents (à partir de 16-17 ans). 
J'ai aimé cette histoire et j'ai trouvé qu'elle était intéressante d'un point de vue culturel, même si le personnage d'Anamika m'a parfois exaspérée tant elle se montre possessive envers les autres (notamment ses « amantes » comme elle les appelle), prétentieuse, manipulatrice, un peu trop sûre d'elle-même. J'ai tout de même passé un bon moment de lecture, l'un n'empêche pas l'autre.
 

lundi 1 juin 2015

D'argile et de feu, d'Océane Madeleine

Éditeur : Éditions des Busclats (2015)
Nombre de pages : 121
Genre : roman

Quatrième de couverture

« Durant des années, j'ai été un point de silence et d'immobilité. Mais ce point s'est mis en marche ce matin. Mes pieds commencent à inventer une ligne. C'est une ligne de fuite. »

Ainsi écrit Marie, jeune femme d'aujourd'hui, dans le cahier blanc. Elle y raconte sa déambulation, sa halte, l'adhérence des pieds sur le sol des chemins, sa rencontre par-delà les siècles avec l'autre Marie, Marie Prat la potière, qui savait transformer la terre dans ses mains et la cuire au feu. En ce 19
e siècle où la poterie était affaire d'hommes, elle inventait des pots et les signait avec insolence « fait par moi ».

Et c'est comme si la force vitale de Marie la potière consignée dans le cahier rouge, apprivoisait peu à peu Marie la narratrice hantée par un cauchemar d'incendie. Flamme de vie contre flammes de mort.

Océane Madelaine, céramiste et écrivain, manie les mots comme elle tourne ses pièces, avec rigueur, justesse, et la grâce de celle qui cherche la beauté de l'épure. Elle signe là son premier roman.


Mon avis

C'est l'histoire d'une fugue, d'une jeune femme qui n'arrive pas à se trouver et à vivre sa vie après un drame familial qui la hante encore ; c'est aussi l'histoire d'une quête, d'une introspection, d'une guérison et d'une renaissance. Au hasard des chemins, Marie découvre une cabane abandonnée en pleine forêt, tout près d'un petit village. Épuisée, elle s'y installe pour quelques jours, et rencontre une sorte de « guide », un homme plein de sagesse qui semble avoir tout compris d'elle et l'aidera à trouver la bonne voie. Grâce à lui et à l'histoire de « l'autre Marie », la potière qui vécut dans le village au 19e siècle, que Marie s'approprie peu à peu, la jeune femme va enfin pouvoir renaître, et vivre.  

Un beau premier roman, court mais intense, à l'écriture contemporaine et pleine de poésie, où se mêlent l'histoire de Marie, une jeune femme d'aujourd'hui, meurtrie, traumatisée, et celle d'une autre Marie, une artiste étonnamment douée pour son art, qui a laissé son empreinte dans le village et la région où elle vécut plus d'un siècle auparavant. L'une est terrorisée par le feu, élément incontrôlable et dangereux qui a détruit sa vie lorsqu'elle avait 12 ans ; l'autre vivait au quotidien avec le feu créateur, la chaleur qui transforme la terre en œuvres d'art, et s'est battue pour exercer son métier de potière auquel les femmes n'avaient pas accès.

dimanche 3 mai 2015

Rosa candida, d'Auður Ava Olafsdottir

Éditeur : Points
Première publication (en français) : 2012 chez Zulma
Nombre de pages : 339

Quatrième de couverture

Une étreinte furtive avec Anna, un bout de nuit, et Arnljotur s'est retrouvé père d'une petite fille. À vingt-deux ans, il abandonne sa famille et quitte sa terre d'Islande, avec dans ses bagages, quelques boutures de Rosa candida, une rose à huit pétales qu'il cultivait avec sa mère. Il part redonner vie à une roseraie à l'abandon dans un monastère gardé par un moine cinéphile. Un jour, Anna réapparaît pour lui confier sa fille, Flora Sol. Et si l'amour pouvait naître ? 


Mon avis
 
Un livre plein de tendresse, de douceur, d'émotion, de légèreté et d'humour. Un véritable hymne à la vie. J'ai aimé sa lenteur et sa poésie, les nombreuses sensations que procure la lecture de ces pages ; j'ai aimé ce jeune homme un peu naïf et rêveur qui part au bout du monde vivre sa passion, avant de se laisser envoûter par les charmes de sa fille, âgée de quelques mois seulement, et de découvrir la force de nouveaux sentiments qui fera de lui un père comblé.
La traduction est très réussie ; ce livre est une petite merveille de la littérature nordique qui parle à la fois de paternité, de deuil, d'amour, de passion, de nature et de voyage. On ne sait pas vraiment où se trouve cette fameuse roseraie qui renaît entre les mains de notre héros, quelque part dans le sud de l'Europe, ni vraiment d'où il vient, même si on devine l'Islande dans les descriptions de son pays natal : l'auteur a laissé une part d'imagination au lecteur, et c'est ce qui fait, entre autres, le charme de ce roman initiatique qui s'apparente d'ailleurs plutôt à un conte. 
Ce n'est peut-être pas le meilleur livre que je connaisse, mais son originalité et sa douceur en font un roman très agréable. C'est pourquoi je le classerai tout de même parmi mes coups de cœur de cette année (qui est loin d'être finie !).
"
"