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mardi 9 juin 2015

Un tout petit rien, de Camille Anseaume

Éditeur : Pocket (2015)
Première publication : mars 2014 (éditions Kero)
Nombre de pages : 284
Genre : roman


Quatrième de couverture

À tout juste 25 ans, Camille tombe enceinte. Alors que son amant claque la porte, elle décide de garder l’enfant malgré tout.
Loin de se douter des difficultés qui l’attendent, elle entame un parcours du combattant vers la maternité. Faire accepter son choix à ses parents, assimiler les changements de son corps et affronter le regard des autres, entre doutes et peurs, le chemin de cette future mère célibataire s’annonce complexe. Et sans garantie de trouver, au bout du compte, la certitude d’avoir fait ou pas, le bon choix.


Mon avis 

Camille Anseaume est journaliste et blogueuse, et on le devine facilement dans ce premier roman (qui semble être en grande partie autobiographique, sans jamais le dire vraiment) : de (très) courts paragraphes, un récit très aéré, parfois quelques lignes par page, et une écriture vive, un ton juste. Le récit devient vite addictif, on a du mal à lâcher le livre et on s'attache rapidement à la narratrice.
Ce petit roman est en quelque sorte une longue lettre que la narratrice écrit à sa fille, dans laquelle elle lui raconte chaque étape de son cheminement vers la maternité, chaque pas qui l'a menée vers la certitude d'avoir fait le bon choix.  C'est l'histoire de deux naissances, celle de la mère avant celle de sa fille.
L'auteure aborde avec humour et délicatesse un sujet pourtant difficile : le choix auquel les femmes se trouvent confrontées en cas de grossesse non désirée, sans pour autant faire de son roman un plaidoyer contre l'avortement.
Une belle réflexion sur la condition des mères célibataires, le regard, l'incompréhension et le jugement des autres. Une histoire émouvante, sensible, touchante, et souvent très drôle. Une jolie petite surprise littéraire pour moi.

samedi 16 mai 2015

Conte de fées à l'usage des moyennes personnes, de Boris Vian

Éditeur : Le livre de poche
Première publication : 1943
Nombre de pages : 125
Genre :  conte (parodie)
Préface de Noël Arnaud


Quatrième de couverture

« Il était une fois un prince beau comme le jour. Il vivait entre son chien et son cheval, à l'orée d'un bois, dans un château aux murs gris et au toit mauve... » C'est pour sa femme Michelle, convalescente, que Boris Vian rédigea en 1943 ce conte de fées où abondent les sorcières, les cavernes, les îles fantastiques, comme dans les romans de chevalerie médiévaux. Mais n'attendons pas, bien sûr, du futur romancier de L'Ecume des jours qu'il prenne au sérieux les mille et une péripéties qui jaillissent sous sa plume. Dès cette oeuvre de jeunesse, son jeu consiste à piéger le récit à coups de calembours, de clins d'oeil, de dérision et de burlesque. Il y excelle, et nous amuse autant qu'il s'amuse. 


Mon avis

Un petit livre qui se dévore aisément d'une seule traite. Une parodie de conte de fées très amusante que Boris Vian avait écrite en 1943 pour divertir sa femme en convalescence près une opération chirurgicale. Une oeuvre de jeunesse donc, d'autant plus intéressante qu'elle n'a pas été écrite pour être publiée et ne faisait pas partie, selon l'auteur, de sa production littéraire. Et pourtant, quel plaisir de découvrir ce petit conte où l'on retrouve toute la fantaisie, la poésie et l'humour de Boris Vian ! C'est une histoire absurde, avec des personnages loufoques et des situations complètement farfelues, le tout bien entendu bourré de jeux de mots et de contrepèteries en tout genre : rires garantis ! 
En plus, cette édition est vraiment complète : elle contient une préface intéressante, le conte intégral, la seconde version du conte (inachevée), les dessins en couleur de Boris Vian et de son ami Bimbo, et même le projet de suite que Vian avait imaginé (ébauche).
Et pour vous donner envie, je vous mets ici quelques citations piochées au hasard :

« La grève était de sable fin et les huîtres galopaient à perte de vue. Elles cherchaient des perles! En effet personne ne se demande jamais où les huîtres prennent leurs perles : c'était l'explication. »

« Pourtant il les emmena et leur donna à chacun un gâteau tellement sec que ni l'un ni l'autre ni l'autre (ils étaient trois) ne put l'avaler. »

« Dans cette ombre nageaient des bêtes bizarres, avec des plumes, qui faisaient cot ! cot ! codet ! Joseph ne sut pas ce que c'était parce qu'il faisait noir, mais il se dit que si il avait fait jour, ça aurait sûrement été des poules. »

« Alors elle disparut dans un nuage de fumée de cigarettes anglaises, et Joseph se demanda s'il n'avait pas rêvé une seconde fois, mais comme se pincer lui faisait aussi mal que la prmeière fois, il se dit qu'il allait encore lui tomber un crapaud dans l'oeil. » 

« a) Adoncques, Joseph chevauchoit, et drues pleuvoient sur lui les gouttes d'un sombre nuage. Et âpre étoit l'odeur d'ozone qui émanoit de la terre humide. Moult longtemps chevaucha-t-il, et l'entrée de LA caverne apparut...
b) « Ce style importun ayant pu empêcher la compréhension de cette importante partie de l'ouvrage... »


mardi 5 mai 2015

Dictionnaire égoïste de la littérature française, de Charles Dantzig

Éditeur : Le livre de poche (2009)
Première publication : 2005
Nombre de pages : 1154
Quatrième de couverture

"A" comme "Apollinaire", mais aussi "Age des lectures". "B" comme "Balzac", mais aussi "Bibliothèques de maison de campagne", "Belle du seigneur". "C" comme "Corneille", mais aussi "Commencer (par quoi) ". "D" comme "Du Deffand", mais aussi "Décadence et mort d'un écrivain" ou "Del Dongo"... De François Villon à Françoise Sagan, le Dictionnaire égoïste de la littérature française rassemble des auteurs célèbres et des méconnus, des œuvres lues et d'autres qui pourraient l'être davantage, des personnages de fiction, des notions. Ce n'est pas un dictionnaire comme les autres. Il est érudit, allègre, partial, drôle, s'intéressant aux êtres en plus des écrits, brillant, inattendu. Bref, il est à part. C'est un exemple achevé de gai savoir. 

Mon avis

Ce livre n'est pas un dictionnaire à prendre au sérieux. Bien sûr, on y apprend quand même pas mal de choses, on s'amuse parfois, ou on s'irrite en lisant certains propos, mais rien de surprenant pour un « dictionnaire égoïste » écrit par Charles Dantzig.
Lire un ou deux articles de temps en temps peut être assez plaisant, mais j'avoue que ça devient fatiguant au bout d'un moment. C'est un mélange d'informations utiles, d'érudition, d'humour, d'ironie, de provocation, de critique... et parfois de mauvaise foi, disons-le.
Mais qui a vraiment envie de lire plus de 1000 pages pour savoir ce que pense Dantzig des plus grands auteurs de la littérature française ? Tout cela reste très subjectif, on ne sait pas bien où est le vrai dans certains articles, et OUI, c'est un "dictionnaire" très très égoïste... À lire avec un certain recul, donc. Je crois que je ne lirai pas tous les articles, mais j'aime bien en piocher un au hasard de temps en temps. On n'est pas obligé de tout lire, et surtout pas d'affilée, sinon on s'en lasse vite.

mardi 14 avril 2015

La fée carabine, de Daniel Pennac

Éditeur : Gallimard - collection folio
Date de publication : 1987
Nombre de pages : 306

Quatrième de couverture

« Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ? » Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les innombrables enfants de sa mère, cœur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, ami infaillible, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même (« l'innocence m'aime ») et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.

Mon avis

Deuxième volume de la saga Malaussène, après Au bonheur des ogres, La fée carabine est une sorte de polar comique (mais pas trop violent), plein d'humour et de situations cocasses, dans lequel les nombreuses intrigues s'entremêlent et le destin des personnages se croise. 
À Belleville, des vieilles dames sont mystérieusement assassinées, un jeune policier a été tué en pleine rue, une journaliste a été torturée, des grands-pères sont drogués par une drôle d'infirmière anonyme... Et au milieu de tout cela se trouve notre pauvre Malaussène, le plus grand bouc émissaire de tous les temps : par malchance, son nom apparaît dans toutes les affaires louches de la ville, et il va falloir de l'imagination et un sacré bon policier pour démêler tout ça !
Ce que j'aime dans ce livre, c'est l'originalité des intrigues, le style de Pennac, l'humour et la poésie du texte, et, bien sûr, les personnages déjantés mais tellement attachants de la famille Malaussène. Une parodie du roman policier drôlement bien menée ! C'est un vrai régal, ça m'a même donné envie de relire Au bonheur des ogres, que j'ai lu il y a une bonne dizaine d'années maintenant. Et d'enchaîner avec le volume suivant, La petite marchande de prose, évidemment.

mardi 17 mars 2015

La conjuration des imbéciles, de John Kennedy Toole

Éditeur : 10/18 (poche)

Première publication originale :1981
Titre original : A Confederacy of Dunces (anglais américain)

Nombre de pages : 448
Quatrième de couverture


L'aventure éditoriale de La Conjuration des imbéciles mériterait à elle seule qu'on lui consacre un roman, tant elle semble sortir tout droit de l'esprit d'un auteur en mal de publicité. Nous sommes en 1976 et Walker Percy, romancier et américain, est la cible d'une femme le pressant de lire le manuscrit de son fils, ce dernier s'étant suicidé sept ans plus tôt. Elle le harcèle tant et si bien qu'il s'y plie, d'abord de mauvaise grâce. Mais ce qu'il découvre le stupéfie.
À ma connaissance, écrit-il, Ignatius Reilly (le personnage principal) n'a aucun ancêtre dans la littérature. C'est un Oliver Hardy dément, un Don Quichotte gras, un Thomas d'Aquin pervers. Percy en est convaincu, l’œuvre doit être publiée.
La Conjuration des imbéciles n'a effectivement pas d'équivalent dans l'univers du roman.
Ce livre conte les déboires d'un être inadapté souffrant de la bêtise de son entourage, un garçon pataud aux prises avec ses ennuis gastriques, mais également un esprit supérieur.
Éructant son exaspération, il laisse entrevoir ce qu'a sans doute été son auteur, un génial incompris. John Kennedy Toole a reçu, à titre posthume, le prix Pulitzer en 1981 pour cette œuvre unique.
Mon avis
Si vous aimez les personnages atypiques, horripilants et complètement loufoques, alors vous allez adorer Ignatius Reilly ! Personnellement, je n'ai pas trouvé Ignatius "génial", mais plutôt antipathique, exaspérant, repoussant, énervant... C'est un véritable anti-héros. Mais j'ai aimé cette histoire abracadabrante, où s'enchaînent 1001 situations cocasses ; j'ai parfois souri, et même ri, alors malgré quelques passages où j'avoue m'être un peu ennuyée (entre les pages 300 et 400, les situations se répètent un peu, les longs monologues et les écrits d'Ignatius sont parfois agaçants et sans grand intérêt), je garderai un bon souvenir de cette lecture. Ignatius cumule les situations ridicules et improbables, tous les personnages de ce roman sont plus ou moins névrosés, déjantés, et rien ne se passe jamais comme prévu : c'est un roman plutôt original et divertissant. Je pense que c'est le genre de roman tellement décalé, au style très particulier qui plus est, qu'on ne peut qu'aimer ou détester. Et je comprendrais qu'on puisse détester.

samedi 7 mars 2015

J'ai rencontré quelqu'un, d'Emmanuelle Cosso Merad


Éditeur : Flammarion
Collection : fiction française
Genre : roman
Date de publication : mai 2014
Nombre de pages : 384


Quatrième de couverture

« Vous n'êtes pas drôle, Monsieur Toulemonde, c'est ça votre problème. Vous êtes triste ! Triste à mourir ! Et c'est justement ce que vous êtes en train de faire. »

La médecine a tranché : Jean Toulemonde, père de famille et employé modèle, n'est pas drôle. Il doit trouver le sens de l'humour, c'est une question de vie ou de mort. Cette quête va bouleverser son existence et le conduire à rencontrer quelqu un...

Un roman pas comme les autres, plein de suspense, d'humour et de fantaisie, sur la fragilité des êtres et des sentiments. 


Mon avis

J'ai apprécié la fantaisie du roman, ça change de mes lectures habituelles, mais au bout d'une centaine de pages, j'ai commencé à m'ennuyer un peu quand même... L'histoire n'est pas vraisemblable, plutôt originale, mais c'est évidemment voulu et c'est ce qui fait le charme de ce roman. 
L'écriture est simple, pas mauvaise mais n'a rien d'extraordinaire ; certains jeux de mots sont un peu lourds et à force, ça devient lassant. Les personnages sont assez superficiels, mais sortent un peu de l'ordinaire, si bien qu'ils en deviennent tout de même attachants.
Pour résumer, je dirais que c'est une bonne petite « lecture de vacances », un livre qui se lit vite, parfait pour un moment de détente.
Pour ajouter un peu d'originalité, l'auteur a même publié un CD contenant toutes les chansons écrites par l'un des personnages du roman. Je ne suis pas allée jusqu'à l'écouter, je l'avoue, mais je comprends que le concept puisse séduire.

mardi 24 février 2015

Petit livre des mots d'esprit ou la fine fleur de la répartie à la française, de Delphine Dupuis

Éditeur : Éditions Les Vieux Tiroirs 
Collection : Bibliothèque plaisante et enrichissante à l'usage des bavards
Genre : humour, anecdotes historiques
Date de parution : mai 2013
Nombre de pages : 128


Quatrième de couverture

« Trop d'esprit humilie ceux qui en ont peu », écrivait madame de Maintenon. La verve de Voltaire, l'esprit de Fontenelle, la vivacité de Piron, le mordant de Rivarol, la finesse de madame de Sévigné, la spiritualité de Louis XIV, la paillardise d'Henri IV et l'insolence de mademoiselle Arnould ont laissé de divines traces dont on se délecte encore aujourd'hui. Partez à la découverte des mots d'esprit les plus savoureux, replacés dans leur contexte afin de les apprécier comme si vous y étiez ! Mordants, pétillants, cruels, légers, assassins, les bons mots, les saillies et les calembours n'ont épargné rien ni personne. La politique, la religion, le sexe « faible », le mariage, les arts, l'amour... Chacun en a pris pour son grade ! Rencontrez les personnages célèbres dont la langue était aiguisée comme des couteaux et l'esprit prompt à la plus délicieuse raillerie. Un petit livre rempli d'anecdotes passionnantes, de mots heureux et de réparties parfois grivoises, mais toujours subtiles.


Mon avis
 
Quel délice ! J'ai reçu ce livre (dédicacé, qui plus est) à Noël. C'était un très joli cadeau : si vous avez un cadeau à faire, vous avez là une idée toute trouvée. 
Ce petit livre illustré ne manque pas d'élégance, le papier et la couverture cartonnée sont de bonne qualité, et son format est très pratique : il se glisse partout !
J'ai lu et relu certaines pages avec le plus grand plaisir. Chaque citation est remise en contexte, on y trouve même une petite présentation de la plupart des personnages historiques mentionnés (époque des Lumières), de nombreuses reproductions de portraits et tableaux, et surtout... beaucoup d'humour ! Je le conseille vivement.


Challenge Siècle des lumières (Babelio) 



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