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samedi 11 février 2017

Deux Anglaises et le Continent de Henri Pierre Roché

Première publication : 1956
Nombre de pages : 349
Genre : roman épistolaire

Quatrième de couverture

En Angleterre, au début du (XXe) siècle, au bord de la mer, un jeune Français fait la connaissance d'Anne et de Muriel. Ils forment un trio audacieux et franc jusqu'au jour où l'amour fait tout basculer. Serments, trahisons, hasards sont dévoilés tout au long des journaux intimes et des lettres qu'échangent les deux Anglaises et Claude, surnommé le Continent.  

L'auteur en quelques mots

Il faudrait bien plus qu'un petit paragraphe pour présenter la vie fascinante et romanesque de Henri Pierre Roché, grand collectionneur et critique d'art devenu écrivain sur le tard. Il a notamment contribué au développement de l'art moderne au début du siècle dernier. En plus de collectionner les œuvres d'art, cet homme, qui a inspiré L'homme qui aimait les femmes à Truffaut en 1977, collectionnait aussi, vous l'aurez compris, les conquêtes féminines.
Il est né à Paris en 1879 et mort en 1959 et semble avoir vécu plusieurs vies en une seule. Tous ses écrits en disent long sur sa biographie et Deux Anglaises et le Continent en est un bel exemple, puisque c'est une histoire (très romanesque) tirée de son expérience personnelle réelle.
Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cet incroyable personnage, vous pouvez lire l'article suivant sur Wikipédia, qui est d'excellente qualité : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri-Pierre_Roch%C3%A9.

Mon avis sur ce roman

C'est un roman assez original de par sa forme, puisque la narration est assurée uniquement par les lettres et extraits des journaux intimes des trois personnages principaux. Cette polyphonie permanente tient le lecteur en haleine du début à la fin et lui donne une place un peu particulière de "lecteur-voyeur", qui pénètre l'intimité des personnages en lisant leurs journaux intimes et leur correspondance presque par-dessus leurs épaules et est (peut-être ?) censé prendre position et juger leur comportement parfois surprenant. 
Cette forme permet également au lecteur d'entrer tout naturellement dans un univers à la fois lointain et familier d'une époque révolue et d'une jeunesse curieuse d'expériences qui fait forcément écho à la sienne d'une manière ou d'une autre.
La pudibonderie souvent excessive de Muriel m'a parfois agacée voire ennuyée, mais l'intrigue est rondement menée et le dénouement reste incertain jusqu'à la fin : on espère avec Claude, on le plaint, puis on désapprouve ses comportements, on se demande qui va épouser qui et comment toute cette histoire va se terminer pour chacun des personnages jusqu'aux dernières pages...


mardi 25 août 2015

Babyji, d'Abha Dawesar

Éditeur : 10/18 (2008)
Première publication : 2007
Titre original (anglais) : Babyji 
Traduit de l'anglais (Inde) par Isabelle Reinharez
Nombre de pages : 473
Genre : roman


Quatrième de couverture

Dans une Inde encore déchirée par la violence des castes et les sanglantes manifestations contre le gouvernement, Babyji, une petite Lolita indienne de Delhi, conjugue la passion du savoir et le plaisir des sens. Entourée de trois femmes que tout oppose, elle cherche sa voie, tiraillée entre un avenir incertain et un passé étouffant. Au travers du jeu des possibles, Abha Dawesar offre, avec ce roman initiatique délicieusement subversif, un voyage sensible au coeur de l'Inde moderne.

« Sur un sujet éculé, Dawesar opte pour une voie de traverse, faisant de son héroïne une Lolita à l'envers. Avec sa charmante crudité qui en ferait une sorte de Houellebecq des jeunes filles en fleurs. »

Françoise-Marie Santucci, Libération


Mon avis

Babyji est une belle traversée de l'Inde moderne, vue par une adolescente peu ordinaire. Anamika, 16 ans, est une lycéeene indienne très douée, issue d'une caste élevée, qui ne rêve que d'une chose : accéder au monde adulte. Ce roman raconte ses premières amours, multiples, peu conventionnelles et secrètes ; ses rêves, sa vie de lycéenne et celle de sa famille à Delhi. Mais ce n'est pas seulement un livre sur les relations amoureuses homosexuelles d'une adolescente, c'est aussi une (petite) réflexion sur la société de l'Inde moderne, le système des castes, la jeunesse actuelle dans un pays transformé mais encore très conservateur, la condition de la femme en Inde, la famille, le système scolaire et universitaire du pays. L'écriture est simple mais pas désagréable : c'est un roman qui se lit assez vite et est à la portée de tous, y compris les « grands » adolescents (à partir de 16-17 ans). 
J'ai aimé cette histoire et j'ai trouvé qu'elle était intéressante d'un point de vue culturel, même si le personnage d'Anamika m'a parfois exaspérée tant elle se montre possessive envers les autres (notamment ses « amantes » comme elle les appelle), prétentieuse, manipulatrice, un peu trop sûre d'elle-même. J'ai tout de même passé un bon moment de lecture, l'un n'empêche pas l'autre.
 

lundi 8 juin 2015

La princesse et le pêcheur, de Minh Tran Huy

Éditeur : Actes Sud
Première publication : 2007 (2009 pour le format poche)
Nombre de pages : 192
Genre : roman

Quatrième de couverture

Jamais un conte n'est vraiment innocent, ni tout à fait dénué de cruauté. En la personne de Nam, jeune Vietnamien depuis peu réfugié en France, la narratrice croit reconnaître le prince charmant. Ils sympathisent, se revoient, se confient, s'inventent un territoire secret. Mais quelque chose éloigne les gestes de l'amour - comme une gêne, un malentendu. A quelque temps de là, elle accompagne ses parents au Viêtnam, où ils retournent pour la première fois. Devant elle, née en France, élevée et protégée en fille unique, le rideau se déchire. Les secrets affleurent, les rencontres dévoilent les tragédies qu'ont connues les siens. Que Nam a laissées derrière lui, peut-être... Empreint d'une fausse candeur profondément mélancolique, La Princesse et le Pêcheur dessine les renoncements nécessaires de l'adolescence, le deuil de l'enfance et l'adieu au chimérique pays des origines bouleversé par l'Histoire. Ou simplement le temps. Plus violent que les contes...


Mon avis 

Une très belle découverte, que je dois à Aline qui a organisé cette lecture commune au sein du groupe facebook Tic Tac Books : merci Aline ! 
J'ai terminé ce livre hier soir et je suis encore sous le charme. C'est un beau roman à la fois tendre et nostalgique, plein de poésie, de sensibilité et de mélancolie. Une histoire d'amour, de guerre, de mémoire, d'une jeunesse déracinée à la recherche de son identité. Une histoire pleine de silences où s'entremêlent Histoire, politique, amour, fuite, famille et... contes philosophiques.
Sous la plume pleine de finesse de Minh Tran Huy jaillit la justesse des sentiments d'une jeune fille brillante mais un peu effacée, fascinée par les contes de sa grand-mère, et intriguée par le passé de sa famille, par ses racines vietnamiennes et les non-dits de ses parents qu'elle n'arrive pas à comprendre. On sent (ou en tout cas c'est mon impression) que l'auteure a mis beaucoup d'elle-même dans ce texte. D'ailleurs, elle a choisi de raconter cette histoire à la première personne. Ce n'est sans doute pas un hasard. 
Ce petit roman ouvre une porte vers un pays lointain souvent méconnu, et nous offre un peu de sa saveur, notamment à travers les différents contes qui donnent un sens encore plus profond à ce récit qui n'est pas si banal qu'il n'en a l'air.


mardi 19 mai 2015

No et moi, de Delphine de Vigan

Éditeur : Le livre de poche (2010)
Première publication : 2009
Nombre de pages : 256
Genre :  roman


Quatrième de couverture

Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.
D. V.

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n’est à l’abri...


Mon avis

Un agréable roman plutôt destiné aux adolescents, qui se lit très vite : l'écriture est simple, moderne, mais de qualité. Une histoire d'amitié passionnée, qui parle aussi d'amour, de dépression, de différence, d'exclusion, de désespoir et d'espoir, de solidarité, de souffrance, de précocité intellectuelle, des relations parents-enfants... 
J'ai trouvé l'histoire un peu trop simple mais touchante quand même, et certains personnages un peu plats. De plus, quelques clichés auraient pu être évités pour plus de subtilité et de crédibilité (comme par exemple le beau garçon ténébreux que toutes les filles admirent qui s'attache à cette fille plus jeune que les autres, timide, solitaire et pas vraiment jolie mais tellement surdouée...), mais cela na va pas dans l'excès, disons que cette lecture est adaptée aux jeunes lecteurs de 12 à 18 ans. Le sujet traité est intéressant ; ce livre peut permettre de sensibiliser les adolescents à un problème de société très actuel.

lundi 9 mars 2015

Les corps célestes, de Nicolas Bréhal

Éditeur : Gallimard
Date de publication : 1993
Nombre de pages : 240
Prix Renaudot 1993


Quatrième de couverture

Baptiste raconte son étrange amitié pour Vincent. Dès les années de collège, ils sont à l'opposé l'un de l'autre. Baptiste, qui ignore le désir charnel, accorde une importance mystique au ciel, cette voûte infinie au-dessus de nous, parce que la terre lui inspire la solitude, le désordre et le doute. Vincent, lui est attiré par les deux mondes : terrestre et céleste. Il aime les femmes mais on dirait qu'il ne sait comment mener son existence. Pourtant, Baptiste et Vincent sont plus qu'inséparables, complémentaires. Après une longue séparation, ils se retrouvent. Vincent est marié à une comédienne très séduisante, Mathilde, qui confond le théâtre et sa vie. Vincent a une relation avec Constance, jeune étudiante bourgeoise et cultivée, prostituée à ses heures. Comme autrefois, Baptiste sera plus que l'ami de Vincent. Il vivra sa vie, comme un double, un alter-ego. Partagés, même déchirés, entre le Ciel et la Terre, les principaux protagonistes forment un quatuor passionné, que Paris met en scène. À travers cette histoire, ce roman est aussi une méditation sur l'amour, le pouvoir de l'illusion et le destin.


Mon avis
Décidément, encore un prix Renaudot qui ne m'a pas convaincue. Pas que ce livre soit mauvais, non, il est bien écrit, un peu poétique aussi, c'est vrai, mais j'ai trouvé l'histoire ennuyeuse et sans grand intérêt. Une amitié-amoureuse entre deux garçons qui se perdent de vue après le bac, puis se retrouvent une fois adultes, Baptiste qui se rend compte qu'il a toujours vécu dans l'ombre de Vincent, même lorsqu'ils étaient loin l'un de l'autre, des histoires de jalousie et d'adultère, beaucoup de discussions philosophiques entre les personnages (qui d'ailleurs parlent tous comme dans une pièce de théâtre, aucune de leurs conversations ne semble vraie et naturelle)... Au début du roman, on se laisse prendre, l'écriture est agréable, mais il ne se passe au final pas grand-chose, et je me suis vite lassée de Vincent et Baptiste... Et l'omniprésence de la voûte céleste, qui a son charme au début, devient vraiment lourde à la longue.
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